Claireau (J + 147, 304 km)
Par Fabrice Blocteur le Lundi, novembre 13 2006, 23:31 - Europe - Lien permanent
Je prends la route du sud en direction du château de Claireau en empruntant pour un moment la Nationale 7. Je pense à Trenet en écoutant de la musique classique. Il fait gris. Je n’en espérais pas tant. Je bifurque lentement vers le sud-ouest et me perds volontairement sur de petites routes de campagne. Vastes et mornes plaines avec comme uniques montagnes de lointains clochers gris à peine visibles dans cette grisaille hivernale de novembre. Même les corbeaux se sont mis en deuil pour accentuer la tristesse de ce jour. J’essaye de retarder le plus longtemps possible cette visite que je ne souhaite pas vraiment.
Forêt d’Orléans. C’est à la suite d'une promenade dans cette forêt par un temps comme aujourd’hui qu’elle a ressenti une douleur et s’est alitée sans jamais se relever. Je n’aime pas cette forêt. Je m’y arrête pourtant pour aller y marcher un moment sur un sentier qu’elle a peut-être parcouru. Je ne peux plus attendre plus longtemps. D’ici une heure la nuit va commencer à tomber. Je dois y aller.
J’atteins Sully-la-Chapelle quelques minutes plus tard et je me rends vers l’entreprise que dirige le propriétaire actuel du château. Il est absent. Je passe néanmoins devant cette magnifique demeure et je m’arrête face à la longue allée qui y mène. Un gros chien se précipite vers moi en aboyant. Je n’irai donc pas plus loin.
Dix heures du soir. J’appelle le propriétaire pour obtenir l’autorisation de voir le château de plus près et de prendre quelques photos, ne serait-ce qu’à titre personnel. L’autorisation est refusée. C’est sans doute mieux ainsi. Je préfère avoir visité les endroits où elle passa et vécut que celui où elle s’arrêta et mourut, car, pour paraphraser Jules Verne, ce n’est pas l’histoire de ses souffrances et de son décès, c’est l’histoire de son voyage et de ses découvertes qui méritait d’être partagée et vécue.
Que Dieu vous garde Madame
