Il ne faisait toujours pas beau quand j’ai quitté l’hôtel vers dix heures ce matin. Depuis mon départ de Saint-Pétersbourg, chaque jour la météo annonce du temps ensoleillé pour le lendemain, et à chaque fois il pleut.

Il ne faisait pas beau mais ça ne m’a pas dérangé. Je me suis dit que j’arrêterais là où je déciderais d’arrêter et non pas là où j’avais décidé d’aller. La température n’était que de 9° mais je n’avais pas froid. Je roulais tranquillement sans me presser comme j’ai l’habitude de le faire au Japon.

Je suis passé devant des petites auberges complètement isolées en pleine nature et je me suis presque mis à souhaiter qu’il pleuve pour m’y arrêter et y passer un jour ou deux.

Après avoir roulé une soixantaine de kilomètres, j’ai pris le chemin des écoliers et je suis parti à la recherche d’un confluent dans la campagne lettone. Elle est jolie la campagne lettone. La route que j’ai empruntée était bordée de marronniers avec des vieilles maisons en pierres de taille chapeautées de toits qui descendent très bas. J’ai trouvé le confluent N56 E27 au milieu d’un champ où paissaient des vaches.

J’ai repris le chemin inverse pour rejoindre la route principale qui longe la voie ferrée; voie ferrée que je n’ai pratiquement pas quittée depuis Saint-Pétersbourg et que je longe tantôt du côté droit et tantôt du côté gauche. J’ai traversé la rivière Daugava en arrivant à Daugavpils, la dernière grande ville lettone avant de franchir la frontière.

Les formalités ont été rapidement expédiées du côté letton : je suis passé sans même être arrêté. Une cinquantaine de mètres plus loin je suis descendu de moto pour présenter mon passeport à un agent de l’immigration lituanien à l’intérieur d’un petit cabanon.

Il m’a demandé si je parlais allemand. Je lui ai répondu que non et il m’a demandé (toujours en allemand) si j’avais une assurance médicale. Je lui ai présenté la copie d’une assurance acheté par internet en Australie et qui était parait-il obligatoire pour la Russie. On ne me l’avait encore jamais demandée.

Je lui ai montré le papier en anglais qu’il a à peine regardé. J’aurais pu présenter n’importe quel document. Il a apposé le tampon d’entré pour la Lituanie sur mon passeport. Je n’ai pas passé plus de cinq minutes pour franchir les deux postes frontaliers et je suis entré dans le plus méridional, le plus peuplé et le plus grand des trois pays baltes.

Je me suis de nouveau arrêté une dizaine de mètres plus loin pour changer de l’argent dans un bureau de change que je n’avais pas remarqué. C’est en apercevant un camionneur en sortir avec une liasse de billets de banque que j’ai réalisé ce que c’était.

Le reste des 150 kilomètres jusqu’à Vilnius s’est déroulé au ralenti sans jamais dépassé les 90 km/h et la plupart du temps en ne roulant qu’à 80 km/h. Je me suis arrêté au centre ville et j’ai passé un coup de fil à la sœur d’une amie de ma nièce. Elle est arrivée avec son mari et je les ai suivi jusqu’à leur superbe et immense appartement de l’autre côté de la rivière Neris.